Noms et raisons sociales au fil du temps
- Verrerie Ninquerier père et filsRaison Sociale
- Usine NinquerierNom d'Usage
A partir de son intégration dans la Compagnie Générale des Verreries de la Loire et du Rhône, la verrerie fut désignée comme étant l'usine Ninquerier (y compris par Pierre Pelletier dans son livre). C'est encore le cas après 1900.
Histoire
Origines.
L’Usine Ninquerier, également connue sous le nom de Verrerie de la Roche, était située dans le quartier de la Roche, entre la grande route de Lyon et le canal de Givors. Selon Pierre Pelletier (1887), elle aurait été créée par la famille Allimand avant d’être acquise par Juste-Sigismond Ninquerier autour de 1813. Cependant, des documents juridiques précisent que Ninquerier père, en association avec des négociants de Givors et de Lyon (dont Joseph-Michel Robichon, François-Camille Crozet, Claude-Augustin Malgontier, Nicolas-Joseph-Henri Bolot et François-Joseph Neuvesel), acheta des immeubles, incluant plusieurs verreries et dépendances, le 5 juin 1818. Un acte de partage du 22 avril 1819 attribua la propriété de la verrerie de la Roche à Ninquerier père seul, mais celui-ci l'exploita en fait avec son fils Éléosipe. Le 4 février 1842, il céda la verrerie à son fils, Juste-Modeste-Éléosippe Ninquerier, par donation notariée (Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, 8 févr. 1855).
La verrerie se spécialisait dans le verre creux, principalement les bouteilles, répondant à la demande croissante de l’industrie alimentaire et vinicole de la région.
Intégration à la Compagnie Générale des Verreries
En 1853, dix-sept propriétaires de verreries, incluant la famille Ninquerier, fusionnèrent leurs établissements pour former la Compagnie Générale des Verreries de la Loire et du Rhône. L’Usine Ninquerier fut intégrée à la compagnie le 11 septembre 1854, mais Juste-Modeste-Éléosippe Ninquerier resta chef d’usine, comme en témoigne le recensement de 1861 où il est décrit comme maître de verrerie, âgé de 70 ans, résidant dans le quartier de la Roche. La compagnie prospéra jusqu’en 1867, exploitant trente-sept fours, dont vingt-cinq à Rive-de-Gier, principalement pour la production de bouteilles (Pelletier, 1887).
Activité après 1880
La question de savoir si la verrerie était encore active en 1880 est centrale. Plusieurs sources confirment son fonctionnement à cette période et au-delà :
- 1883 : Un article du Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire mentionne une taverne située près de la « verrerie de la Roche », suggérant une activité continue (Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, 16 janv. 1883).
- 1887 : Pierre Pelletier affirme que l’usine, appelée « Verrerie de la Roche » ou « Usine Ninquerier », existait encore à cette date (Pelletier 1887).
- 1907 : Une notice nécrologique mentionne un ouvrier verrier, décédé à 52 ans, ayant récemment travaillé à la verrerie de la Roche, ce qui indique une activité au début du XXe siècle (Le Progrès du 27 octobre 1907).
Cependant, Claudius Chomienne note que la Compagnie Générale cessa ses activités en 1885 en raison de la fermeture du canal de Givors, de l’épuisement des mines de charbon, des coûts élevés du transport ferroviaire et de la concurrence des verreries du Nord et du Midi (Chomienne 1912). Une partie des installations fut reprise par une coopérative ouvrière, la « Verrerie aux verriers », qui fit faillite en 1887.
Incertitudes et hypothèses
Plusieurs points restent incertains :
- Confusion avec une autre verrerie : Pelletier (1887) mentionne également dans son livre une Verrerie de la Roche créée par les frères Chavat en 1850, puis exploitée par MM. Delay, ce qui pourrait indiquer une autre verrerie dans le même quartier. Cependant, le contexte suggère que l’Usine Ninquerier et la Verrerie de la Roche sont probablement le même établissement, le nom évoluant avec le temps.
- Continuité après 1885 : Bien que la Compagnie Générale ait cessé vers 1885-1890, des verreries indépendantes, comme celles des familles Boichot, Lanoir et Richarme, continuèrent à fonctionner (Verreries de Rive-de-Gier). La « verrerie de la Roche » mentionnée en 1907 pourrait être une de ces installations ou une reprise de l’Usine Ninquerier sous une autre gestion.
- Localisation exacte : La verrerie était située entre la route de Lyon et le canal de Givors, dans le quartier de la Roche, près du ruisseau Frigerin. Sur le cadastre de 1826, les principaux bâtiments (halle, magasins, four à chaux et un immense bâtiment d'habitation) sont déjà clairement visibles, et mentionnés comme appartenant à "Ninquerier père fils et Compagnie, lieu du Grand Chemin".