Catherine Schmid

( 3 décembre 174928 octobre 1814 )

Biographie

Introduction

Catherine Schmid, née le 3 décembre 1749 à Miellin (Haute-Saône, Franche-Comté) et décédée le 28 octobre 1814 dans la même commune, est une figure centrale de la Verrerie de Miellin, l’une des verreries forestières les plus prospères de Franche-Comté au XVIIIe siècle. Fille d’Ours Schmid et d’Anne Marie Robichon, elle est petite-fille de deux fondateurs, Samuel Schmid et Michel Robichon, incarnant la fusion des traditions verrières suisse et sundgauvienne. Après la mort de son mari, Ignace Bolot, en 1782, elle devient chef de famille et actionnaire majoritaire, détenant 6/10 des parts de la verrerie en 1786. Gérant avec acuité les défis de la Révolution française, elle soutient ses enfants, notamment son fils Henri Bolot, qui dirige Miellin et fonde une verrerie concurrente à Givors vers 1800. Son héritage s’étend à la création de BSN (futur Danone) via sa descendance. Cette biographie retrace sa vie, son rôle économique, ses liens familiaux, et son impact durable.

Origines et jeunesse

Catherine Schmid naît le 3 décembre 1749 à Miellin, dans une dynastie de verriers suisses originaires de Welschenrohr (canton de Soleure). Elle est la fille d’Ours Schmid, maître verrier et cofondateur de la Verrerie de Miellin en 1733, et d’Anne Marie Robichon, fille de Michel Robichon, maire de la verrerie et cofondateur de la Verrerie Royale de Givors ([Web:0, 7, Extract]). Catherine est ainsi petite-fille de Samuel Schmid, pionnier de la branche soleuroise, et de Michel Robichon, représentant la tradition sundgauvienne, liant les influences de la Forêt-Noire et du Dünnerntal ([Extract]).

La Verrerie de Miellin, relancée en 1733, prospère grâce à sa production de verre à vitre « fort clair », générant 185 000 livres par an en 1744 ([Web:0]). Catherine grandit dans cette communauté isolée mais aisée, aux côtés de ses frères et sœurs, dont :

  • Marie-Élisabeth (née en 1741), mariée à un notable local.
  • Michel (né en 1743), moine cistercien à Clairvaux.
  • Claude-Joseph (né en 1745), avocat, collaborateur de Melchior.
  • Melchior (né en 1747), maître verrier, fondateur de la Verrerie de Boucard.
  • Marie-Thérèse (née en 1752), épouse de Jean-François-Gabriel Tisserant, seigneur de Servance ([Web:0, 7]).

Bénéficiant d’une éducation soignée, Catherine est préparée aux alliances matrimoniales et à la gestion patrimoniale, pratiques courantes dans les familles verrières pour consolider leur influence ([Web:16]). Son enfance est marquée par la cohésion de la communauté, renforcée par des mariages entre les Schmid, Robichon, et Raspiller ([Web:0]).

Mariage et veuvage

Vers 1774, Catherine, âgée de 25 ans, épouse Ignace Bolot, avocat en parlement, originaire de Corravillers (Haute-Saône). Âgé de 35 ans, Ignace descend d’une famille notable ayant produit prêtres, avocats, magistrats, et notaires ([Extract]). Résidant à Faucogney, il apporte une expertise juridique essentielle pour gérer les concessions et litiges, comme celui de 1733 avec Servance, réglé par une indemnité de 180 livres ([Web:0]).

Après la mort d’Ours Schmid en 1774, le couple s’installe à Miellin, où Ignace gère les parts familiales (« ouvreaux ») en l’absence des frères de Catherine, Melchior et Claude-Joseph, engagés à Souvigny ([Extract]). Ils investissent dans la verrerie, renforçant sa stabilité ([Extract]). Ignace Bolot meurt en 1782, laissant Catherine veuve à 33 ans avec plusieurs enfants, dont :

  • Nicolas Joseph Henri Bolot (né le 11 juin 1775).
  • Martine Bolot, future épouse de Célestin Grésely.
  • Gabriel Bolot, collaborateur d’Henri à Givors ([Extract]).

Promue chef de famille et d’entreprise, Catherine démontre une « remarquable intelligence des situations », naviguant avec pragmatisme les défis économiques et sociaux de l’époque ([Extract]).

Rôle à la Verrerie de Miellin

La Verrerie de Miellin, à son apogée entre 1760 et 1780, produit 180 000 carreaux de verre à vitre par an, 1 000 bouteilles, et 2 000 pièces d’assortiment, exportés principalement vers Lyon ([Web:0]). En 1744, elle emploie six maîtres verriers, quatre ouvriers, deux fondeurs, quatre porteurs de fourgons, huit bûcherons, et quatre voituriers, pour un chiffre d’affaires de 185 000 livres ([Web:0]). Après la mort de son mari, Catherine devient actionnaire majoritaire, détenant 6/10 des parts en 1786, contre 2/10 pour Joseph Abraham Gresely ([Web:0]).

Gestion et défis

Catherine supervise les parts familiales, probablement avec l’aide de ses frères Claude-Joseph et Melchior, avocats et verriers ([Web:0, 7]). Son rôle, exceptionnel pour une femme, s’inscrit dans la tradition des veuves verrières, qui géraient le patrimoine et les alliances ([Web:10]). Elle maintient la production malgré :

  • Incendies : Deux sinistres entre 1743 et 1765 détruisent archives et bâtiments, compliquant la justification des coupes de bois en 1789 ([Web:0]).
  • Révolution française : Dès 1789, les bouleversements économiques, la nationalisation des terres abbatiales, and the depletion of forests increase production costs ([Web:10]).
  • Épuisement des forêts : La déforestation rend l’approvisionnement en bois coûteux, fragilisant les verreries forestières ([Web:10]).

En 1789, la verrerie abrite 120 habitants, avec cinq fours, six halles, une forge, un moulin, et une scierie ([Web:12]). Catherine, résidant à Miellin toute sa vie ([Web:14]), investit dans l’entreprise et gère les parts avec clairvoyance, préparant ses enfants à prendre la relève ([Extract]).

Éducation des enfants

Catherine donne à ses enfants une éducation « soignée et pieuse », sans les pousser vers l’université, peut-être en raison des troubles révolutionnaires ([Extract]). Son fils aîné, Henri Bolot, termine ses études de philosophie et de mathématiques au collège de Besançon en 1793, avant de s’engager dans l’armée ([Extract]). Cette éducation reflète son souci de préparer ses enfants à des rôles de leadership, tout en restant ancrée dans les valeurs familiales et religieuses.

Henri Bolot et l’expansion à Givors

Catherine joue un rôle déterminant dans la carrière de son fils Nicolas Joseph Henri Bolot (né le 11 juin 1775 à Miellin). Après une carrière militaire (1793-1800) dans des postes administratifs, notamment dans des hôpitaux, Henri obtient son congé définitif le 17 décembre 1800, à 26 ans ([Extract]). Veuf après la mort de sa première épouse, Emilie Robichon (fille de Marc Robichon), en 1800 après huit mois de mariage, il se tourne vers l’industrie verrière ([Extract]).

Implication à Givors

En février 1800, Henri achète les parts de ses cousins Enard dans la Verrerie Robichon de Givors, fondée par Michel Robichon en 1749 ([Extract]). Comme son grand-père, il effectue des allers-retours entre Miellin et Givors, mais fait de Givors sa résidence principale, devenant premier adjoint au maire en 1805 ([Extract]). Profitant des difficultés financières des Robichon, il acquiert :

  • Entre 1803 et 1806, leurs parts restantes à Miellin ([Extract]).
  • En 1806, leurs parts à Givors, avec son frère Gabriel Bolot et la caution de son beau-père, Jacques Praileur, maître de forges ([Extract]).

Henri fonde alors Bolot, Neuvesel et Cie avec Melchior Neuvesel, une verrerie concurrente de celle des Robichon, qui prospère et pose les bases de la fortune familiale ([Extract]). Cette entreprise marque l’entrée des Bolot dans l’industrie verrière lyonnaise, prolongeant l’héritage de Catherine et de Michel Robichon.

Gestion de Miellin

Henri assure également la direction de la Verrerie de Miellin, indivise entre les Bolot et Célestin Grésely, mari de Martine Bolot ([Extract]). La gestion est complexe, car Grésely exploite une verrerie à la Saulnaire utilisant du charbon de Ronchamp, une innovation que Miellin, dépendante du bois, ne peut adopter ([Extract]). Catherine soutient probablement Henri dans ces négociations, maintenant l’influence familiale jusqu’à la fermeture de la verrerie en 1835-1837 ([Web:0, 10]).

Autres verreries

Catherine et Henri gèrent des parts dans d’autres verreries comtoises, comme celles du Bief-d’Etoz et de Biaufond, héritées par Mélanie Praileur, seconde épouse d’Henri (mariée en 1803). Henri cède son quart à la famille Blondeau, simplifiant la gestion ([Extract]). Ces décisions reflètent la stratégie de Catherine pour rationaliser le patrimoine familial face aux défis industriels.

Vie personnelle et fin de vie

Catherine réside à Miellin toute sa vie, dans une maison au sein du village verrier, supervisant le patrimoine familial ([Web:14]). En plus d’Henri, Martine, et Gabriel, elle a probablement d’autres enfants, bien que les sources soient lacunaires ([Extract]). Sa gestion des parts dans les verreries comtoises, comme Miellin, Bief-d’Etoz, and Biaufond, témoigne de son rôle de matriarche, central dans la préservation de l’héritage familial ([Extract, Web:0]).

Elle meurt le 28 octobre 1814 à Miellin, à 64 ans, après avoir traversé la Révolution française, les guerres napoléoniennes, et les débuts de l’industrialisation ([Web:14]). Sa mort intervient avant la fermeture de la Verrerie de Miellin (1835-1837), mais son influence perdure à travers ses enfants, notamment Henri, qui consolide l’héritage verrier à Givors.

Héritage

Catherine Schmid laisse un héritage économique, social, et industriel durable :

  • Patrimoine verrier : En tant qu’actionnaire majoritaire, elle stabilise la Verrerie de Miellin pendant une période troublée, permettant à Henri de reprendre et d’étendre l’entreprise familiale à Givors ([Web:0, Extract]).
  • Givors et BSN : L’entreprise Bolot, Neuvesel et Cie, fondée par Henri, pose les bases de BSN (Boussois-Souchon-Neuvesel), qui devient Danone au XXe siècle ([Extract, Web:0]). Cette transition illustre l’adaptabilité des familles verrières face à l’industrialisation.
  • Mémoire locale : Les lustres en verre produits par la verrerie, conservés dans l’église néo-gothique de Miellin (construite en 1849-1854), témoignent de son époque ([Web:12]). Les ruines de la verrerie, près de la Maison Forestière, sont étudiées comme patrimoine archéologique ([Web:12]).
  • Réseaux familiaux : Les alliances avec les Robichon, Neuvesel, Praileur, et Grésely renforcent l’influence des Schmid et Bolot, de la Franche-Comté au Rhône ([Extract, Web:0, 10]). La famille Bolot, issue de Catherine, devient une dynastie industrielle, influençant des secteurs au-delà du verre.

Conclusion

Catherine Schmid (1749-1814) incarne le rôle crucial des femmes dans les dynasties verrières comtoises. Fille d’Ours Schmid et d’Anne Marie Robichon, petite-fille de Samuel Schmid et Michel Robichon, elle devient chef de famille et actionnaire majoritaire de la Verrerie de Miellin après la mort de son mari Ignace Bolot en 1782. Gérant avec intelligence les défis de la Révolution et de la déforestation, elle soutient son fils Henri Bolot, qui dirige Miellin et fonde une verrerie concurrente à Givors. Son héritage, marqué par la création de BSN (Danone) et les vestiges de Miellin, souligne son impact sur l’histoire industrielle de la Franche-Comté et de la France.

Références

Frise chronologique

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